Sortie d'usine, déjà Carlsson
Châssis A207, moteur 1.8 turbo CGI de 204 chevaux, carrosserie cabriolet. Première immatriculation le 25 mars 2010. Le même jour, le pack Carlsson est homologué et porté au certificat — elle n'a pas été transformée plus tard, dans un garage, par envie. Elle est née ainsi, par la filière Mercedes.
C'est rare. La plupart des Carlsson sont des transformations d'après-vente. Celle-ci a quitté l'usine avec ses trains, ses jantes et son aileron déjà inscrits aux papiers. Une voiture d'usine et une voiture d'atelier en même temps.
Sur le coffre, discret. La signature d'une transformation homologuée, pas d'un autocollant.
La signature Carlsson, vérifiable.
Chaque pièce Carlsson porte son numéro d'homologation, délivré par le KBA, l'autorité allemande. N'importe qui peut les recouper. C'est exactement ça, un carnet : pas une promesse sur l'honneur, des références qu'on peut aller vérifier soi-même.
Dix-neuf pouces, homologation KBA 47589 — un numéro que vous pouvez vérifier. Pneu Michelin Pilot Sport.
Jamais ouvert. 204 chevaux, et la fiabilité d'un quatre-cylindres Mercedes.
La maison qui l'a signée.
Carlsson n'était pas un préparateur comme les autres. Fondée en 1989 par les frères Rolf et Andreas Hartge, la maison porte le nom d'Ingvar Carlsson — pilote suédois de la maison Mercedes. Dès 1995, elle s'installe au Gut Wiesenhof, une ferme du dix-neuvième siècle à Merzig, en Sarre, restaurée avec assez de soin pour recevoir un prix de sauvegarde du patrimoine. Une maison de préparation installée dans un monument — on ne l'invente pas.
Les deux frères ne venaient pas de Mercedes. Ils venaient du BMW — la préparation, la course, la vente. À Merzig, le nom Hartge, c'était déjà une maison de tuner BMW, fondée en 1971. Rolf et Andreas ont pris ce savoir-faire et l'ont porté chez Mercedes, sous un autre nom. Rolf a mené Carlsson jusqu'en 2007, l'a vendue à son sommet, puis est revenu — aujourd'hui il prépare encore des Mercedes, cette fois sous son propre nom. Une famille de préparateurs, du BMW au Mercedes, dont cette E 250 porte la trace.
C'est de là que sortent ses signatures : les jantes dès 1994, les moteurs préparés dès 2000, jusqu'à la C25 — vingt-cinq exemplaires. Et c'est de cette époque que vient cette E 250, homologuée Carlsson en mars 2010, par la filière officielle.
Puis l'histoire s'est refermée. Insolvabilité en 2015. Reprise. Fermeture définitive en octobre 2023.
La maison a fermé. Ses signatures roulent encore. Chaque Carlsson d'usine survivante est un exemplaire d'une œuvre qu'on ne produira plus jamais — et c'est exactement pour cela qu'un registre existe.
Comment elle est rentrée.
Chez moi, au milieu de la nuit, dans les petites annonces allemandes. Je cherchais un cabriolet quatre places — je m'étais plus ou moins arrêté sur un CLK. Mercedes, parce que c'est le confort, et un peu de sport quand même. J'avais laissé les filtres larges, pour voir aussi ce que je ne cherchais pas.
Et elle est passée. Un cabriolet noir, avec des jantes que je n'avais jamais vues. Rabaissée. Pneus larges. C'est quoi, cette config ? Je déplie l'annonce : préparation Carlsson. Les jantes, c'étaient les REVO. Kit complet, sauf le moteur — et tant mieux. Je ne cherchais pas un monstre : un quatre-cylindres, économe, fiable. Exactement ça.
« On », c'est le fils et le père. Train Perpignan–Barcelone, une nuit à l'hôtel de l'aéroport — dîner simple, coucher tôt, le vol décolle à l'aube. Stuttgart nous reçoit dans le brouillard et le froid. Le temps idéal pour venir chercher un cabriolet.
Taxi jusqu'à Rottenburg — la ville même où sa première main l'avait mise en route, quatorze ans plus tôt. MW Gebrauchtwagen. Le vendeur la sort d'un garage, la pose dehors, dans le brouillard. On l'inspecte. L'intérieur. Le moteur. Impeccable — pas propre pour la photo : propre.
On lui demande s'il en a d'autres, des comme elle. Il rigole. Non.
Le retour, on l'a conduit à deux. Un arrêt d'abord, au musée Mercedes — il ne s'est rien passé, on s'est juste garés. Mais autour, tous les bâtiments sont Mercedes ; il y en a partout. Ça n'a de signification que pour ceux qui connaissent. Elle est restée un moment sur le parking de la maison qui l'a construite. Puis la route.
Nuit à Genève. Le lendemain, en quittant la Suisse, la neige — c'était mon tour de conduire, en Pilot Sport. Autoroute suisse, autoroute française, rien d'héroïque. Juste une voiture qu'on découvre en la ramenant chez elle.
À la maison, elle n'a pas de nom fétiche. On dit « elle ». La Carlsson, la Mercedes, le cabriolet. Quatre façons de dire la même chose : elle est là.
Capote ouverte, entre Perpignan et la mer. La première voiture qui sera inscrite au registre CARNET.
Elle sera au tableau d'honneur de la convention de Pau, le 19 décembre 2026. La première du registre. Récit au registre · le gardien actuel
Quinze ans, quatre mains.
Aujourd'hui, chaque ligne est recoupable par documents — certificat d'immatriculation, homologations Carlsson. L'ancrage on-chain suivra l'inscription au registre.
Vous lisez la mémoire d'une voiture qui ne vous appartient pas.
Vous pouvez la consulter, recouper chaque pièce avec ses documents d'origine — certificat d'immatriculation, homologations. Vous ne pouvez ni l'éditer, ni la supprimer. Une anomalie ? Signalez-la au Bureau, nous regarderons sous sept jours.
Signaler une anomalie →Écrivez sa première ligne.
Celui-là, c'est le sien. Le vôtre commence à la première ligne — sa valeur, son histoire, ses papiers, et tout ce qui viendra après.
Tapez, puis Entrée. Gratuit — un email suffit pour garder son carnet.